Vandières : Même lorsqu’on aime, il faut savoir compter !

Si la gare de Vandières était certainement le bon choix il y a 15 ans, aujourd’hui la gare TGV de Louvigny existe et fonctionne, avec 600.000 voyageurs par an.

En 20 ans, le contexte économique a changé et construire une nouvelle gare à Vandières ne répond en rien aux priorités des lorrains. Devrions-nous rester liés par des consensus qui ont 20 ans d’âge ?

Fondamentalement, les référendums locaux me semblent pertinents lorsqu’il s’agit de grands projets, mais à deux conditions :

  • La première, qu’il s’agisse d’un véritable référendum dont le résultat lie l’autorité décisionnaire et non d’une simple consultation qui ne lie pas l’exécutif ;
  • La seconde, que la question posée soit claire, transparente et ne puisse pas tromper le citoyen sur l’objet de la consultation. Toutes les informations doivent être données aux citoyens pour un vote responsable et éclairé.

Ces deux conditions ne sont pas remplies dans le cas présent.

D’une part parce qu’il s’agit d’une simple consultation, prévue le 1er février 2015, et non d’un référendum. Or, à 300.000€ le coût de cette consultation, on ne peut accepter que l’exécutif ne soit pas lié par le résultat de l’expression démocratique.

D’autre part, la question posée laisse imaginer que la reconversion de Louvigny en gare de fret TGV est acquise ce qui est absolument faux. Cette reconversion n’est pas sérieuse.

Le rapport de la cour des comptes (février 2013) émet un avis très négatif sur cette nouvelle gare de Vandières. Et Il y a effectivement aujourd’hui au moins 4 raisons de dire NON à Vandières :

  1. Le coût : Le coût ferroviaire estimé aujourd’hui est de 120 millions d’euros (Doublement des voies du viaduc et transfert des voyageurs par ascenseurs sur un dénivelé de 15m entre la gare TER et celle du TGV installée sur le viaduc). Et personne ne parle du coût complémentaire pour aménager les infrastructures routières (accès, parking,…) et le déménagement probable des entreprises installées en fond de vallée. Nous sommes là face à un projet dont le budget n’est absolument pas consolidé.
  1. Le risque de suppression des lignes Metz Paris ou Nancy Paris au départ des gares intra-muros : Une belle gare connectée TER/TGV à Vandières n’amène pas à une diminution du nombre des dessertes actuelles de Metz et Nancy vers Paris. Or, dans un contexte de tension sur les péages des lignes à grande vitesse dont est taxée la SNCF (augmentation de 500 millions d’euros en 6 ans avec une nouvelle hausse de 7,5% en 2013), le risque réel est bien de voir la SNCF demander aux lorrains de prendre le TER jusqu’à Vandières pour se rendre à Paris. (hormis les 5 dessertes contractuelles Luxembourg- Paris).
  1. La faible part de l’interconnexion dans la fréquentation du TGV : La part liée à la gare d’interconnexion Lorraine ne représente que 4% de la fréquentation du TGV, l’essentiel étant lié aux liaisons des gares régionales vers Paris. Dans l’hypothèse de Vandières, les études estiment à 32% seulement la part des clients qui y accèderaient par le TER. Donc près des 2/3 utiliseraient leur véhicule.
  1. La reconversion de la gare de LOUVIGNY vers une activité FRET : C’est une loufoquerie dans un contexte de crise du fret ferroviaire en France actuellement, de l’absence de marché et de la structure même du bâtiment qui entraînera des coûts extrêmement importants.

Autant aurait-on pu concevoir à l’origine, dans un cadre d’aménagement du territoire, une gare connectée au réseau TER, autant aujourd’hui le système fonctionne et il faut le pérenniser. Le sujet de l’A31 Bis me semble aujourd’hui bien plus prioritaire qu’une seconde gare à 17 kms de Louvigny.

Jean-Pierre Masseret a fait campagne en 2004 et 2010 sur le thème de Vandières. Il suffisait qu’il attende quelques mois pour nous faire sa nouvelle campagne sur cette même thématique, les élections régionales ayant lieu en décembre 2015. Cela aurait permis d’ économiser 300.000,00 euros et les lorrains auraient pu s’exprimer tout autant.

Les élus doivent aujourd’hui plus encore qu’hier faire preuve de responsabilité. L’argent public est devenu précieux, et même lorsqu’on aime, il faut savoir compter !

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