Conseil Communautaire du 25/02/19 : Projet métropolitain

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Je voudrais tout d’abord féliciter les équipes pour le travail engagé. Mais ce catalogue de bonnes intentions ne peut suffire, et nous devons insister sur ce qui nous différencie, nous distingue des autres métropoles et territoires.

Notre Métropole doit affirmer son attractivité à travers son identité européenne, de par son histoire bien sûr mais aujourd’hui aussi par sa position géographique, à proximité immédiate des trois frontières et au cœur d’un espace transfrontalier entre Metz et le Luxembourg.

Le Luxembourg doit être considéré comme un partenaire et non comme un ennemi, comme semble le penser votre 1er vice président (Dominique Gros, Maire de Metz) lequel, je le cite, « en a marre de ces luxembourgeois qui nous prennent nos jeunes formés et nous les rendent vieux et malades », ou encore « marre des frontaliers qui rentrent du Luxembourg les poches vides et le coffre plein »…

Cette appréciation m’apparaît totalement dogmatique et d’un autre temps, et je n’ose imaginer notre territoire sans la proximité du Luxembourg…

Pour pouvoir affirmer notre identité, il convient d’améliorer l’accessibilité de notre Métropole, que ce soit en termes d’infrastructures routières ou ferroviaires.

Je crois qu’il y a des sujets sur lesquels nous devons tous nous mobiliser et ne pas céder :

  • Je pense aux TGV Paris-Metz sur lesquels des interrogations et incertitudes continuent de planer. La mobilisation de tous les élus a permis de revenir sur la suppression du TGV de 8h56 mais nous ne pouvons accepter la diminution des cadencements ou les correspondances par Nancy !
  • Je pense également à la liaison directe Metz-Nice qui a été supprimée et qui fait aujourd’hui de Metz un cul de sac ferroviaire. Nous devons nous battre pour qu’elle soit rétablie ;
  • Je pense évidemment aux TER vers le Luxembourg qui sont tous les jours bondés et pour lesquels la Région Grand Est a prévu d’ores et déjà des améliorations. On sait combien le président Rottner est investi sur ce sujet, main dans la main avec les luxembourgeois. Ce qui pose d’ailleurs la question de la gouvernance en matière de transports dans cet espace transfrontalier… ;
  • Je pense enfin et surtout à ce serpent de mer qu’est l’A 31 bis. Ne pas faire cette autoroute serait catastrophique pour notre territoire. Cela fait 20 ans que l’on en parle, l’A32 n’a jamais pu voir le jour, et on n’a pas avancé d’un pouce sur l’A31 bis. Vous annoncez une prise de position en mars prochain de notre Métropole sur ce sujet, il serait peut être pertinent de réunir un conseil extraordinaire car il me semble que ce dossier est absolument primordial pour notre avenir.

L’Etat avait annoncé en 2017 qu’il s’agissait là d’un chantier national prioritaire et s’était engagé à hauteur de 400 millions sur l’intégralité du tracé, le projet étant chiffré aujourd’hui entre 1,4 et 1,9 millards. Faute de moyens (on remerciera au passage Madame Royal pour l’abandon de l’écotaxe), l’Etat tente de se défausser aujourd’hui en prétextant l’absence de consensus entre les élus et le manque d’intérêt des usagers.

Comment peut-on affirmer de telles inepties lorsque l’on sait que les automobilistes passent jusqu’à 4h de trajet quotidien domicile-travail entre Metz et le Luxembourg? Avec plus de 130.000 véhicules jour (dont un nombre très importants de poids lourds), c’est l’axe autoroutier le plus fréquenté en Europe.

Qu’il faille développer des solutions nouvelles, notamment celles permises par le numérique et les nouvelles technologies, c’est certain. Télétravail, covoiturage, modes de transport innovants, tout est envisageable.

Mais même si elle n’est pas suffisante l’A31 bis est plus que jamais indispensable compte tenu de son triple rôle vital :

  • Elle irrigue nos activités économiques tout le long de la Moselle,
  • Elle est autoroute urbaine,
  • Elle a une fonction d’euro corridor de transit.

Et s’agissant de notre Métropole, c’est aussi par l’autoroute qu’on accède à nos hôpitaux, notre université, nos institutions. Sans cette autoroute, on va étouffer notre Métropole.

C’est maintenant, entre la fin de la concertation et le rapport final que tous les élus doivent se mobiliser et mettre leurs actes en conformité avec leurs paroles, montrer leur détermination et intensifier leur pression sur l’Etat pour que ce chantier reste prioritaire et que son financement reste une priorité nationale.

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